2013-10-09T07:00:27+02:00

Max de Sarah Cohen-Scali

Publié par Hell-eau-dit

« Devant moi, il y avait cet étroit tunnel dans lequel je devais m’engager et dont je ne voyais pas le bout. Rien. Pas la moindre lumière pour me guider. Ce n’était ni plus ni moins qu’une longue tranchée, jonchée de pièges et d’obstacles de toutes sortes, dans laquelle je pouvais, à tout moment, être retenu prisonnier. Néanmoins, un coup de tête, un mouvement d’épaule et je parvenais à élargir mon champs d’action. Mais de beaucoup. Pas suffisamment. Je me suis rendu compte que si je voulais progresser avec efficacité, il fallait que je change de position. Un quart de tour sur ma droite et je me suis retrouvé sur le ventre. Beaucoup mieux. J’ai pu gagner un peu de terrain. Seulement il me fallait veiller à ne pas m’empêtrer dans mon harnais, ma corde de rappel, celle qui maintenant en vie – « le cordon ombilical », si vous préférez le terme savant. Il était si comprimé que j’avais moins d’oxygène. […] Le fameux Col. La frontière vers le monde qui m’attendait. Je devais le prendre d’assaut. »

2012 ♦ Gallimard Jeunesse ♦ 473 pages ♦

Seconde guerre mondiale, Lebensborn, Historique ♦

Quatrième de couverture :

Max est le prototype parfait du programme "Lebensborn" initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénerer l'Allemagne puis l'Europe occupée par le Reich.

Mon avis :

Sarah Cohen-Scali est une auteure que je connaissais déjà par le biais d’un recueil de nouvelles, Mauvais Sang, que j'avais particulièrement bien aimé. Alors quand j’ai appris la  sortie de son dernier roman, je me devais de le lire.

L’histoire
Avril 1936, Konrad von Kebnersol alias Max est né sous le programme de Lebensborn (=fontaine de vie). Un programme destiné à créer la race supérieure, la race aryenne. Futurs enfants destinés à être adoptés par une famille allemande ou dans le cas contraire à être formés pour devenir un SS.

Style d’écriture
Les chapitres sont très bien ficelés. A peine un chapitre est achevé qu’on ne peut qu’en lireun autre, tellement le suspense est présent. Un récit très addictif grâce à un récit à la première personne du singulier qui nous permet de connaître les pensées de Max alors qu’il est encore dans le ventre de sa mère. 
Dès le début, Max a un comportement déroutant, il utilise un langage très familier et il nous donne l’impression d’être un adulte nazi. Mais à certaines périodes de sa vie, nous nous rappelons qu’avant tout Max est un enfant.
Petite remarque sur la ponctuation très présente mais pas dérangeante.

Les personnages
Beaucoup de personnages secondaires mais je vais principalement parler de Lukas.
Lukas est un jeune garçon, polonais. Il a été kidnappé par les SS pour servir la nation allemande. Max va se prendre d’affection pour cejeune garçon. Il le voit comme son propre reflet, quelqu'un qui est  apte à faire partie de la race suprême. Voilà, seulement Lukas est juif et pourtant Max ne va rien en dire. Max et Lukas vont devenir des frères. 
Le personnage de Lukas a été inspiré d’une personne réelle du nom de Salomon Perel. D'ailleurs Lukas n’est pas le seul personnage « réel », d’autres personnages ont réellement existé, comme nous le fait remarquer  l’auteure à la fin de son roman. Ce qui nous montre bien qu’elle s’est très sérieusement documentée.

Je suis très surprise que ce roman figure dans la catégorie jeunesse. Car le cynisme est très présent et il peut parfois faire oublier qu’il faut le prendre au second degré.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman est que nous découvrons le programme de Lebensborn. Une partie de l’histoire de la seconde guerre mondiale, qu’on oublie souvent à l’encontre des camps deconcentration (attention, je ne dis pas que cette partie n’a pas toute son importance, au contraire !). Puis, j’ai remarqué que l’auteure nous fait également part de ses connaissance en ce qui concerne les réflexes  primaires qui sont vérifiés dès la naissance du bébé, c’est d'autant plus amusant quand on connait les pensées de Max. 

Pour conclure, un roman qui traite un sujet difficile, qui est bien documenté et qui est très bien abordé. Un roman à découvrir et je vous le conseille vivement !

A découvrir !

 

Du même auteur :

Mauvais sang

 

commentaires

Hbdp39 04/11/2013 23:04

Je me permets de signaler que Sarah Cohen-Scali en est à plus de 30 romans jeunesse, des premières lectures aux romans pour adolescents. "Max" est le dernier en date et certainement l'un des meilleurs, mais loin d'être le seul...

Eulimene 09/10/2013 18:22

Je note le titre, ça pourrait bien me plaire !

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